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4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 07:45
Curieux de voir 2 mots aussi antinomiques ainsi réunis.

6853691-m.jpgL'abbaye laïque n'est pas une  exclusivité béarnaise , mais en Béarn , le phénomène a pris un caractère systématique; en débordant sur la Bigorre et la Soule. C'est ainsi qu'il  y eut autour de 300 abbayes laïques en Béarn (on a même noté l'existence de 3 abbayes dans le même petit village) .
         C'était la demeure de l'abbé laïque toujours proche , souvent accolée à l'église; elle formait un tout avec le château et en fait, l'église avait le double rôle de chapelle du château et d'église communale; une sorte d'interface entre public et privé,  noblesse et peuple.  C'est ainsi que nombre d'églises et de châteaux en Béarn sont issus de ces fameuses abbayes laïques. L'abbé-seigneur pouvait assister aux offices sans se déplacer et bien au chaud, car bien souvent un finestrou (donnant dans l'église) était aménagé dans ses appartements (Béost...) et à tout le moins, il avait une petite entrée particulière et privée. 
     
         L'abbé laïque était donc considéré comme le patron et le protecteur de l'église (à vrai dire, elle lui appartenait) : il collectait les dîmes (on appelait le collecteur,  le décimateur -sic- ) et divers impôts de l'église, à charge pour lui d'assurer entretien, rétribution et nominations. En outre, il était exempté de la taille.  Il bénéficiait du droit de patronage concernant à nommer le curé (Il avait le droit de présenter à la cure vacante, mais c'est l'évêque en dernier ressort qui décidait), il recevait le tiers des offrandes qui se faisaient lors des fêtes et en fin d'année .En outre,  il occupait une place privilégiée lors des offices (s'il lui prenait l' envie de se déplacer) , il percevait le premier le pain bénit . Il pouvait être enterré dans l'église (Estos...) et bénéficier (quel pied !) de la sonnerie à la volée lors de ses obsèques.

          Étant considérés comme nobles, ils rendaient au vicomte les devoirs ordinaires de la vassalité . Pour avoir accès à ces privilèges, l'abbé devait donc foi et hommage au vicomte et (moins réjouissant) le service militaire en temps de guerre. En outre, ces abbés occupaient des fonctions plus ou moins lucratives, mais toujours honorifiques auprès du vicomte et au Parlement de Navarre. La fonction fut vite pervertie et considérée comme un bon investissement financier, une monnaie d'échange. L'abbé laïque devint ni plus ni moins qu'une sorte de franchisé  avec les avantages et les obligations  se rapportant au droit de porter le label.

         Malgré son orientation protestante, Jeanne d'Albret (la mère d'Henri IV) fera rentrer massivement ces abbés dans les États du Béarn, pour s'assurer de la majorité. (ce sont-ils parjurés?).   La possession d'une abbaye était un tremplin pour accéder à la noblesse, et la nomination dans les États de Béarn était en fait une reconnaissance tacite de leurs statuts de nobles...ce qui sera le fait pour environ les 2/3 d'entre eux. De nombreux noms de famille béarnais sont issus de cette "caste" : Abadie, Dabadie, Labadie, Labat, Apatie, Badie...etc...

(extrait de Lo Noste Béarn d' Hubert Dutech)


En photo : l'abbaye Saint Jacques  de Sauvelade qui me semble avoir la caractéristique  d'une abbaye laïque (voir la tour du château dérrière).
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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 07:26
Dans le chapitre II, Dumas décrit Aramis comme :


"C'était un jeune homme de vingt-deux ans à vingt-trois à peine, à la figure naïve et douceureuse, à l'oeil noir et doux et aux joues roses et veloutées comme une pêche en automne; sa moustache fine dessinait sur sa lèvre supérieure une ligne d'une rectitude parfaite; ses mains semblaient craindre de s'abaisser, de peur que leurs veines ne se gonflassent, et de temps en temps il se pinçait le bout des oreilles pour les maintenir d'un incarnat tendre et transparent. D'habitude il parlait peu et lentement, saluait beaucoup, riait sans bruit en montrant ses dents, qu'il avait belles et dont, comme du reste de sa personne, il semblait prendre e plus grand soin.

Aramis enfin est le chevalier d'Herblay, homme distingué et énigmatique, mi-abbé, mi-mousquetaire, ayant toujours un pied dans l'intirgue et l'autre dans l'action."


Chapitre VII "Quand à Aramis, tout en ayant l'air de n'avoir aucun secret, c'était un garçon tout confit de mystères, répondant peu aux questions qu'on lui faisait sur les autres, et éludant celles que l'on faisait sur lui-même.

Source de la suite : www.lebearn.net

new-PORTAI-2-170x220.jpgARAMIS (dit Chevalier d'Herblay):  Henri porte le nom du village d’Aramits (vallée de Barétous) dans lequel il possédait une abbaye laïque : « le château de L’Abadie ». En 1640, il entre dans la Compagnie des Mousquetaires, corps dans lequel son père avait d’ailleurs appartenu avant lui. Son grand-père était un noble huguenot qui s’était mis aux ordres de Jeanne d’ Albret lors des guerres de religion.  Henri  était le cousin d’ Athos et du capitaine de Tréville . Tout ça se passait donc en famille.
Aramis  épousa Jeanne de Béarn-Bonasse dont la famille fut longtemps propriétaire du château-abbaye voisin, d’Arette.  Dans le roman d’Alexandre Dumas, le chevalier d'Herblay est  un poète qui navigue sans cesse entre mysticisme et amours galantes .


La photo :  le grand portail d’entrée du 17e siècle, unique vestige de l’abbaye laïque d'Aramis situé tout près de l’église du village, présentant plusieurs panneaux d’explication, en visite libre, sur le personnage des romans et de la réalité.
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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 07:43
Aramitz est son vrai nom ?


wsigle.gifDominant le confluent du Vert d'Arette et du Vert de Barlanès, Aramits pourrait avoir des origines très anciennes puisque son nom vient d'un toponyme prélatin "aran" qui signifie vallée.

De temps immémoriaux, ce fut la capitale du Barétous... Dès 1221, Barétous eut un for particulier, c'est à dire un ensemble de privilèges et de franchises.

La communauté était administrée par un conseil de jurats choisis dans l'ensemble des localités. Cette jurade se réunissait à Aramits dans la maison de la Vallée, propriété collective des Barétounais.

CARTE-REGIONfdbWEB.jpgToutes les églises de la vallée sont postérieures au XVIIe siècle. En 1569, les édifices de culte furent tous détruits durant les guerres de religion.

La famille du mousquetaire Aramis vivait au château de Labadie. Les Aramis étaient abbés laïcs du lieu, donc possesseurs d'une abbaye, fief d'origine ecclésiastique. Ils étaient considérés comme nobles, mais de la dernière catégorie dans la hiérarchie nobiliaire.

Aramis eut néanmoins l'honneur d'entrer dans la compagnie des mousquetaires du roi, corps d'élite, où l'on n'admettait que des gens de qualité.

 HISTORIQUE  DES  MOUSQUETAIRES

Si la célébrité des mousquetaires doit beaucoup à Alexandre Dumas, il faut cependant souligner que les glorieux personnages mis en scène par le romancier ont une véritable origine historique.

Quatre nous intéressent plus particulièrement, puisque béarnais et ayant connu notre vallée. Ils ont pour nom  Tréville, Aramits, Athos et Porthos et ont vécu sous le règne de Louis XIII.

Gouloume2.jpgLe plus glorieux d'entre eux est Monsieur de Tréville  ou comte de Troivilles, car la carrière des trois autres dépend énormément de la sienne. Oloronais de naissance, fils de Jean de Peyrer et de Marie d'Aramis, il se fit  rapidement remarquer par sa bravoure au combat, ce qui lui donna rapidement le commandement des mousquetaires  puis le grade de maréchal. Il put ainsi changer de nom et devenir le comte de Troivilles. Il fit ensuite l'acquisition de la Baronnie de Montory et des villages de Laguinge, Restoue et  Athèrey. Après avoir fait construire le château qui existe toujours à Troisvilles, il racheta des droits de justice et d'impôts de la vicomté de Soule. Il décéda en 1672 à l'âge de 74 ans.

Né aux environs de 1620 de Charles d'Aramis et de Catherine de Raghue, Henry d'Aramis épousa en 1650 Jeanne de Bonasse dont la famille fut longtemps propriétaire du château d'Arette. Il laissa peu de trace de son passage aux mousquetaires et l'on ignore l'âge de son décès.

A côté de l'Église de Lanne, une grande demeure carrée aurait appartenu à Porthos ou lsaac de Porthau. La seigneurie de Lanne lui aurait été attribuée en récompense de ses loyaux services. Il a laissé peu de traces dans l'histoire.

Armand de Sillègue seigneur d'Athos près de Sauveterre de Béarn était le neveu de Monsieur de Troisvilles. L'ancien château familial a été incendié en 1943. Athos est  décédé d'un mauvais coup d'épée en 1643 au cours d'un duel où il prêtait main forte à d'Artagnan.

Bien que la légende soit plus belle que la réalité, les mousquetaires béarnais furent d'authentiques héros. junte0601w.jpgCi dessus la célébration de la Borne séparant la plus ancienne de la région.

Pour plus d'informations
www.aramits.fr
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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 08:21
Tréville, Didier et moi sommes passés dans le même endroit. Où ? C'est le jeu du Week-End.

IMG-3361.JPGIMG-3363.JPG















IMG-3372.JPGIMG-3364mince.jpg


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29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 06:35
Gan-2.jpgVoici la ville où est née Portau qui a inspiré Dumas

Gan est créé en 1335 par Gaston II de Foix-Béarn, qui choisit son nom en souvenir de la Gand flamande connue lors d'une expédition militaire. Cette fondation a pour but la mise en valeur des terres des vallées du Néez et de Las Hies.

LA BASTIDE
Le plan comporte des axes perpendiculaires autour d'une grande place carrée. Un marché a lieu sur cette place (jour non précisé). Le dispositif est ceinturé d'un remblai, d'une palissade en bois et de deux canaux parallèles séparés d'une vingtaine de mètres. Ils sont comblés en 1962, sur leur quasi-totalité. Trois portes en pierres munies de herses permettent de pénétrer dans la bastide. Il n'en reste qu'une, celle du Nord ; elle date de la fin du XIVème. Celle du Sud a été très rapidement détruite. La troisième au Sud-Ouest était accolée à l'ancienne église St-Jean. En sortant de la bastide par la porte Nord, on découvre une salle des sports construite sur un ancien " padoën " (espace vert qui servait au pacage des bêtes).

EVOLUTION MEDIEVALE
En 1385, Gan compte 175 feux (environ 900 h). La cité s'étend vers le sud. Dès son origine, Gan participe à la " Cour Majour " avec douze autres villes du Béarn : Pau, Morlaàs, Orthez, Oloron, Sauveterre, Lembeye, Nay, Navarrenx, Monein, Salies, Pontacq et Lescar. Les registres des notaires de Gan au XVème font état de l'extension du vignoble. On élève du vin rouge et du vin blanc. Les vins rouges ont une valeur marchande meilleure que les blancs. Cet état de fait perdure jusqu'au début du XIXème siècle.

EVOLUTION POST-MEDIEVALE
Au XVIème siècle, un incendie détruit tout le bourg : église, couverts et maison commune qui renfermait la charte de fondation. Trois maisons nobles du XVIème actuellement visibles montrent un même dispositif architectural : l'escalier à vis est logé dans une tour se détachant du bâtiment en un avant-corps. La Maison " Corisande " est construite en 1593 par le marchand Guillaume d'Andoins.
Le Château Marca (XVIème, agrandi en 1635) montre un plan typique du Béarn avec deux corps de bâtiment en équerre reliés par une tour abritant l'escalier. C'est la maison natale de Pierre de Marca (1594-1662). La Maison d'Arrac (1542) révèle un plan typique des gentilhommières béarnaises ; la tour abritant l'escalier a été tronquée au XXème siècle. Le titre de " Ville " est décerné à Gan par lettres patentes d'Henri IV. Ce titre est confirmé à perpétuité par Louis XIII qui déclare que " la ville de Gan jouira dorénavant et pour toujours des mêmes honneurs et prérogatives que les autres villes de Béarn ". En 1633, un nouveau canal est creusé, il permet d'alimenter un moulin à grain construit la même année. Ce moulin est transformé en 1839 en marbrerie. Une pierre retrouvée au fond du canal précise que le Ier juillet 1633 la digue fut achevée aux frais du Roi Louis XIII. Les Bains du Broca : la Communauté de Gan achète cette source le 8 juin1591. Vers 1740, elle entreprend de capter les eaux minérales connues dans la région et utilisées depuis plusieurs années " pour la guérison des fièvres intermittentes, des obstructions de toute nature et de certaines tumeurs, et pour soulager la néphrétique ". Le bâtiment destiné à protéger le bassin des eaux pluviales est érigé en 1748, comme l'atteste l'inscription gravée dans la clef de voûte à l'intérieur de la fontaine. Ces eaux thermales, en renom au XVIIIème siècle, font l'objet d'une publication par Monsieur Bergerou, médecin royal. Elles sont également citées par Théophile de Bordeu dans ses Lettres à Madame de Sorbério. Depuis quasiment un siècle, ces eaux ne sont plus exploitées. La fontaine a été restaurée en 1994 par la commune. La Mairie est établie sur un plan typique du XIXè, avec halles au rez-de-chaussée. Quelques arcades d'une halle plus ancienne sont encore visibles dans le bâtiment actuel de la mairie. Un incendie détruit l'église St Jean en 1828, et la porte de la bastide attenante est alors démolie : fragilisée, elle était devenue dangereuse. L'église St-Barthélemy est reconstruite sur le même site. Elle renferme un autel en bois doré du XVIIIème, un chemin de croix en mosaïque de M.E. Cazaux (1937), des vitraux réalisés entre 1881 et 1939 par la famille Maumejean (maîtres verriers).


Maintenant que nous en savons beaucoup sur Porthos, passons à Aramis
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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 06:30
image020.jpgLa légende attribue ce manoir de Lanne en Barétous à Porthos. Les archives nous apprennent que c’est son neveu Jacques Domecq qui y vécut après s’être marié en 1667 avec Marie d’Abbadie, fille de l’abbé laïque du village.


En réalité Porthos s’appelait Portau. Isaac de Portau ou du Pourtau. Mais Courtilz de Sandras, suivi en cela par Dumas, a jugé que Porthos, rimant avec Athos, sonnait mieux que Portau. Un peu court. Ces Portau d’après Jaurgain, étaient originaires de Gan près de Pau.Le père d’Isaac, était secrétaire du Roi et des états de Navarre et notaire gênerai du Béarn un personnage important. Il acheta des seigneuries et se fit anoblir.
Il se maria en secondes noces avec Anne d’ Arrac de Gan, fille d’un ministre protestant. Anne fut assistée par le lieutenant-général du Roi en Béarn, Nompar de Caumont, seigneur de La Force, dont Isaac devait être l’homme de confiance.
Ceci semble indiquer que les Portau. Patronnés par La Force, étaient de fervents protestants. De ce manage naquirent trois enfants. Jean. Isaac et Jeanne.



C’est le puîné. Isaac de Portau. Né a Pau le 2 Février 1617, qui devait être le Porthos légendaire Cadet, comme Athos, il se dirigea vers l’armée Comme ce dernier, il commença par entrer, en qualité de cadet-gentilhomme, dans les Gardes Françaises, compagnie des Essarts, le beau-frère de Tréville, ce qui est significatif. Il se trouvait donc dans cette compagnie lorsque d’Artagnan y entra a son tour en 1640 et ils firent ainsi campagne ensemble jusqu’en 1643, date a laquelle Portau passa aux mousquetaires, donc l’année même de la mort d’Athos.
Combien de temps y resta-t-il ? On ne le sait. Après cette date de 1643 on ignore à peu près tout de la carrière et de la vie d’Isaac de Portau, dont le frère Jean aurait été gouverneur de la place de Navarrenx. Il faut donc, s’en remettre à la tradition qui lui attribue une gentilhommière de Lanne-en-Baretous, pour évoquer son souvenir.


Il n’y a donc rien de commun entre le Portau de la réalité, le garde et le mousquetaire qui partagea à un moment donné la vie militaire de d’Artagnan et le Porthos de Dumas. le baron de Bracieux et de Pierrefonds, fort comme un éléphant mais court d’esprit et naïvement vaniteux, qui s’est vu prêter l’histoire du baudrier doré de Besmaux.
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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 06:21
Bracieux depuis l'antiquité s'est positionné comme village d'accueil et de commerce.
Situé sur une voie romaine (ancienne route de Toulouse), Issoudin Blois ainsi que sur le chemin des boeufs qui montent de Poitiers jusqu'à Paris. Au 16ème siécle, le commerce y était florissant avec de nombreux marchés dont certains noms de rue en témoignent.


Si vous avez une image sur la ville n'hésitez pas... je  n'ai rien trouvé. Mais demain vous en saurez plus sur Porthos
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26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 06:00
Dans vingt après , Alexandre DUMAS nous précise qu'il s'agit bien du Pierrefonds dans le Valois.


1.gif ces ruines sont celles du château de Pierrefonds, situées à 3 lieues de Compiègne sur la lisière de la forêt. La puissance des seigneurs de ce fief balançait quelquefois celle du roi ; tout le pays environnant était sous leur protection. Les chroniques mentionnent surtout Nivelon Ier, dont une charte de 1047 fait connaître les immenses richesses. En 1193, Philippe Auguste acquit le fief. Les ruines dont nous donnons le dessin n'appartiennent point à l'antique château qui fut abandonné vers 1390.   
Ruines du second château de Pierrefonds
(avant sa reconstruction qui débuta en 1858)

Le nouveau, bâti par Louis, duc d'Orléans et de Valois, à peu de distance du premier, était considéré comme une des merveilles du temps. Il couvrait une surface de 1680 toises carrées ; ses tours assises sur le roc avaient 108 pieds de hauteur en maçonnerie. Une telle forteresse dut soutenir et soutint en effet un grand nombre de sièges. Elle était en la possession des ligueurs lorsque Henri IV la fit successivement attaquer par le duc d'Epernon et le maréchal de Biron, mais en vain : elle était défendue par Rieux, fils d'un maréchal ferrant, dont l'audace s'accrut par cette résistance, et qui manqua en 1593 d'enlever Henri IV lui-même, dans le cours d'une des aventures de ce prince. Rieux pris plus tard et pendu, Saint-Chamant lui succéda, et finit par vendre la place.

1b.gifAu temps de la guerre des mécontents, le marquis de Coeuvres, capitaine de Pierrefonds, s'étant rangé contre la cour, Charles de Valois fut envoyé avec de l'artillerie et 15 000 hommes, il réduisit bientôt le château que Louis XIII donna ordre de démanteler. On renversa les fortifications de l'entrée, et on enleva la toiture.

Nous connaissons plus d'un des contemporains des ruines du château de Pierrefonds qui les regrette. Peut-être, en effet, l'impression que l'on éprouvait à leur aspect était-elle plus solennelle, pour ainsi dire, plus vraie, et disposait-elle plus à la rêverie que celle qui naît aujourd'hui de leur restauration. L'énorme masse de ce château neuf, image de l'ancien, blesse au premier moment la vue par une crudité de ton qui contraste avec son style : on dirait du fard blanc étendu sur un vieux visage. Tout en admirant cette merveilleuse restauration, on est dans une sorte de malaise : on se sent dans l'anachronisme.

Ces observations peuvent être justes, mais nous les avons entendu opposer à tous les travaux de même nature ; et cependant il faut convenir qu'il n'est ni sans utilité, ni sans intérêt, de rendre çà et là aux générations nouvelles et futures le spectacle aussi fidèle que possible de certains grands édifices du passé. Ici l'entreprise, hardie, grandiose, accomplie de tout point avec un art supérieur, étonne, émeut, instruit.

Si l'on éprouve en sa présence d'abord quelque sentiment rancunier, il est impossible, à moins de parti pris et d'obstination, de ne pas se laisser séduire, de ne pas admirer et rendre justice à l'éminent architecte M. Viollet-Leduc, qui a fait sortir cette grande œuvre de ses ruines.

C'est, du reste, un séjour charmant à tous égards que celui de Pierrefonds. Son joli lac, ses modestes maisons, ses paysages, le voisinage des bois, la variété des points de vue, tout y dispose à la sérénité et aux pensées agréables. Le château, outre sa beauté majestueuse, est un enseignement précieux, que n'épuisent pas plusieurs visites : tout y est restauré avec ingéniosité et goût, et l'on ne regrette que de n'y pas voir revivre, pour quelques heures, ses anciens habitants.


Source : www.france-pittoresque.com/lieux/1.htm
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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 07:33
m-Plaque---Rodez.JPG.jpgDans quelle ville est située cette plaque ? Et surtout Pourquoi  est-il lié aux trois mousquetaires ?
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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 08:26
Proche de chez nous, le château d'ECOUEN a été le lieu de revue des mousquetaires, n'hésitez pas à aller le visiter.


listepano1.jpgLe château d'Écouen, situé à vingt kilomètres au nord de Paris, et qui surplombe la belle étendue de la plaine du pays de France, lancée à la rencontre de la forêt de Chantilly, abrite aujourd'hui les collections exceptionnelles du Musée national de la Renaissance. Il est pour elles un écrin tout aussi exceptionnel. Propriété d'un grand seigneur de la Renaissance, Anne de Montmorency, qui a grandi dans l'intimité de François 1er, puis prospéré sous la protection de Henri II, Écouen n'est pas une demeure comme les autres : elle inscrit dans ses pierres les ambitions et les succès d'un homme puissant qui est aussi un mécène et un esthète passionné d'art, elle incarne la vision moderne d'un seigneur qui guerroya en Italie et se promit de retrouver un jour sur ses terres l'éblouissement qu'il connut face aux palais transalpins.
Cet ardent collectionneur, bien souvent à l'avant-garde du goût, était aussi l'héritier d'une fortune colossale, qu'il accrût encore par une judicieuse politique d'acquisitions, par son mariage avec Madeleine de Savoie et par la faveur royale. À sa mort, en 1567, il possède quelque 130 châteaux disséminés dans toute la France et deux résidences parisiennes dont son hôtel de la rue Sainte-Avoye qu'il a doté d'une galerie peinte par Nicolo dell'Abbate. Tous ces lieux sont le théâtre de reconstructions, d'aménagements, voire de véritables projets architecturaux, comme ceux du petit château de Chantilly (1559) ou du stupéfiant pont-galerie de Fère-en-Tardenois, tous deux conçus par Jean Bullant. Mais Écouen reste son chef-d'oeuvre.

listepano3.jpgLa famille Bouchard de Montmorency possède la terre sur laquelle s'élève un château médiéval. Anne de Montmorency le fait raser en 1538 et décide d'y élever une demeure digne du titre de Connétable qui vient de lui être décerné. Les travaux vont durer jusqu'en 1555 et tout ce que la France compte d'artisans prestigieux, français ou étrangers, ayant souvent oeuvré sur le chantier royal de Fontainebleau -Jean Bullant, Bernard Palissy, Masseot Abaquesne, Jean Goujon, peut-être Nicolo dell'Abbate- va se succéder à Écouen. Le château se couvre de pavements, de vitraux, de lambris, de frises et de paysages peints, de marbres et de fontes. Les arts décoratifs suivent et ce sont les chatoyants émaux de Léonard Limosin, des poteries de Saint-Porchaire, la majolique italienne, des tapisseries à profusion, des peintures d'artistes comme le Rosso, des livres rares et des pièces d'orfèvrerie d'une virtuosité stupéfiante qui s'amoncellent pour créer une ambiance d'un luxe inouï, bien digne, en effet de devenir le lieu de villégiature favori d'Henri II.
Le château resta dans la famille du Connétable en ligne directe jusqu'en 1632, date à laquelle son petit-fils Henri eut la tête tranchée par ordre de Richelieu dont il ne soutenait pas la politique. Quelques mois après sa confiscation, Écouen est rendu à la soeur du malheureux supplicié, Charlotte d'Angoulême. En 1696 sa petite-fille, la duchesse de Joyeuse, sans descendance lègue la propriété à la famille des Condé, qui possède déjà Chantilly. Écouen restera dans leur patrimoine jusqu'à la Révolution et, en 1787, pour mieux voir la campagne environnante, ils abattent l'aile d'entrée ou orientale qui renfermait probablement des fresques de Nicolo dell' Abbate et des pavements de Masséot Abaquesne

La révolution affecte au château diverses fonctions : lieu de réunion d'un club patriotique, prison militaire, hôpital. Enfin, Le 15 décembre 1805, Napoléon y prescrit par décret l'ouverture d'une maison d'éducation pour les filles de la Légion d'Honneur. En octobre 1807, après la reconstruction d'une aile orientale, la rentrée des élèves se fait sous la direction de l'intendante Madame Campan à laquelle Napoléon avait dit : "Faites-en de bonnes mères de famille catholique, je ne veux pas de bas-bleus ".
Elles seront quelques milliers à connaître cette éducation, quoique Écouen ait cessé de répondre à ces voeux entre 1814 et 1850, période où Louis XVIII l'avait restitué aux Condé qui le laissèrent peu ou prou à l'abandon, à partir de 1830. En 1850 Louis-Napoléon y fait transférer la Maison de la Légion d'honneur située rue Barbette à Paris. Désormais, l'éducation des jeunes filles est à nouveau le rôle principal d'Écouen, jusqu'en 1962. On le met alors à disposition du Ministère des Affaires culturelles pour y accueillir le Musée national de la Renaissance qui ouvre ses portes après de lourds travaux de restauration en 1977. L'essentiel des collections qu'on y trouve -dont la splendide tapisserie de David et Bethsabée, avec ses dimensions contraignantes, 75 m de long sur 4,50 de haut qui ont trouvé dans la galerie de Psyché un havre providentiel- vient du Musée de Cluny, où elles ont été acquises par Edmond du Sommerard. Quant aux objets provenant du château -vitraux, pavements, serrures ou fragments rescapés de l'aile orientale- ils ont été intégrés à la muséographie.

Source : www.musee-renaissance.fr
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