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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 05:54
La garde dissymétrique qui distingue parade et garde n'est en revanche guère adaptée à l'escrime de taille traditionnelle. Elle favorise le revers mais occasionne un handicap pour le maindroit. Au XVIIe siècle, le réseau de brins en usage jusque dans les années 1630 est remplacé par des plaques ajourées puis pas une coquille hémisphérique appelée tazza associé à un anneau de jointure partant de la lame et rejoignant le pommeau.
Au délà de l'évolution fonctionnelle, qui empêche de plus en plus la pointe de l'adversaire d'atteindre la main, le double concept de prise et de défense demeure. Destinée à frapper de façon privilégiée en pointe, la lame de la nouvelle épée civile atteint un mètre quinze ou plus. A deux tranchants et encore assez large au début du XVIe siècle où elle pèse entre 1,2 kg et 1,5 kg, elle devient extrèmement effilée au milieu du XVIIe siècle et ne pèse plus que 900 g environ.

En photo : toujours issu du site armae :Avec une garde comprenant une coquille, un quillon en forme de S et une fusée recouverte de fil métallique, cette rapière présente un caractère plus aristocratique. Elle correspond davantage à la mode de la fin du XVIIème siècle.


Les lames sont réalisées en acier au carbone, et les armes sont fournies avec leur fourreau en bois recouvert de cuir.
Rapière : Longueur 115 cm, dont lame 93 cm. Poids 1050g
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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 06:45
Les formes mêmes de la rapière sont en adéquation avec son usage. L'arme se singularise de l'épée de la période précédente par l'ajout d'anneaux et de quillons de parade ou de contre-garde formés de brins. Leurs formes élaborées enrobent la main dans un réseau d'acier afin d'éviter à l'escrimeur d'avoir à enfiler un gantelet de fer. L'innovation essentielle réside dans les deux branches semi-circulaires qui partent vers le bas depuis la garde et rejoignent le plat de la lame : elles autorisent le bretteur à placer ses doigts sur la partie haute non affilée de la lame (ricasso) pour renforcer sa prise et ainsi augmenter la précision du coup : le passage des doigts par-dessus les quillons a donc pour raison d'être le privilège marqué de l'estoc.
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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 06:43
Vers 1620 apparaît une arme de transition. Elle tend à s'allonger par rapport à la première épée civile, sa lame devient plus fine et les anneaux de la garde ou "pas d'ane"; deviennent deux calottes protégeant plus efficacement la main contre les coups de pointe. La mode de l'estoc et les contre-attaques dans le temps de l'attaque rendent en effet les blessures à la main plus fréquentes.

La rapière en photo est vendue par armae 210 euros.
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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 06:30
L'épée civile Histoire de l'escrime 44 s'identifie grâce à sa longueur et à sa garde extrêmement élaboré. Des brins d'acier enrobent complètement la main. Le pont ou anneau de jointure et les quillons protègent la fusée de la poignée, les anneaux de la garde et de contre-garde et les deux branches (arceaux) qui partent de la barrette, se réunissent sur le plat de la lame à une certaine distance de la garde, protègent le ricasso. L'image représente une épée entre 1580 et 1600. Elle pèse entre 1kg et 1,5kg. Le pommeau ovoïde sculpté surmonte une poignée droite. Le point d'équilibre de la lame est certainement assez éloigné de la garde.
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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 06:58
La poignée ou fusée peut-être couverte de bois, de cuir, ou de fils de metal savamment tressés. Ces derniers forment ce que l'on appelle le filigrane. La garde elle même est composée de quillons (quillons de parade ou quillons de garde), ainsi que d'anneaux (anneaux de garde, anneaux de contre-garde). Dans le cas de l'épée de plus simple en forme de croix, les quillons sont les deux éléments perpendiculaires à la lame. Les quillons dits de garde peuvent être droits ou en forme de S et avoir ou non des boutons d'arrêt.

A noter que le mot rapière devient assez vite péjoratif en français en raison sans doute de la rivalité avec l'Espagne. Le mot rapière en était venu à désigner une arme extravagante de longueur, plus destinée à parader qu'à combattre.

En image : une épée civile de 1550, musée des armées.

Toujours la même source : "Croiser le fer", de P BRIOIST, H DREVILLON et P SERNA. Ed Epoques CHAMP VALLON.
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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 06:59
L'épée rapière, (le terme dérive de l'espagnol) espada ropera, semble s'être imposée avec le développement dans les duels d'une escrime de pointe. Afin de montrer en quoi cette épée civile diffère considérablement de l'épée médiévale et des épées de guerre des générations précédentes, quelques considérations techniques s'imposent. Une épée, fondementalement, est toujours composée de quatre éléments principaux : le pommeau, la poignée, la garde et la lame. Le pommeau peut prendre des formes diverses : sphériques, ovoïdes, en diamant, en cylindre, en poire, en vase et même en étoile. Il est quelquefois sculpté ou simplement ciselé. Sa fonction est de servir de contrepoids à la lame et parfois d'écrou pour assembler les quatre éléments de l'épée. Son poids permet au point d'équilibre de l'épée de se rapprocher de la main de l'escrimeur et de rendre l'arme plus maniable.
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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 06:47
La logique du combat singulier est devenue par ailleurs trop meutrière. A l'époque de Bayard, le vaincu pouvait rechapper d'un affrontement car son adversaire pouvait se contenter d'une reddition et se satisfaire de la règle du premier sang versé. Sous Charles IX et Henri III, en revanche, les conditions de lutte ont changé radicalement : les duellistes - qui éventuellement se faisaient accompagner de seconds - ne portaient plus de harnois mais de simples chemises et leurs armes étaient prévues pour blesser mortellement et non pour estropier. Les antiques épées d'armes avaient revélé leur efficacité contre les hommes revêtus d'acier mais dès lors que les adversaires s'accordaient pour se battre "a la mazza", comme disaient les italiens, c'est-à-dire jusqu'à ce que mort s'ensuive, l'arme civile pouvait et devait poursuivre son évolution. Si ce battre mieux devenait un mode de distinction, la noblesse en allait assumer la fatale conséquence. La mort fréquente faisait partie intégrante du mode de construction de la supériorité sociale du second ordre. L'épée revenait au centre de l'attention.
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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 05:56
Sous le règne d'Henri III, les gentilshommes qui fréquentent la cour de France s'habillent avec un raffinement démesuré qui choque les honnêtes bourgeois. Sur le modèle du roi, les courtisans se fardent, se poudrent et se frisent les cheveux. Ils portent des boucles d’oreilles, de la dentelle et de grandes fraises empesées. Ces courtisans font l’objet des railleries de la part du peuple. C’est qu’à l’époque, on tolère encore mal, dans une cour qui a toujours promu la virilité brute et considéré le raffinement comme faiblesse, le penchant d’Henri III et de son entourage pour la culture de la fête et le goût pour l’apparence.
Les favoris d’Henri III sont au centre de ces moqueries. Le roi promeut à la cour des hommes de petite noblesse, à qui il va donner d'importantes responsabilités. Il entend s'appuyer sur des hommes neufs pour gouverner. Sa cour voit donc apparaître un cercle restreint de favoris qui connaissent, grâce à leur protecteur, une fortune fulgurante.
Les premiers à associer le mot « mignon » à l’homosexualité sont les calvinistes. Hostiles à toute frivolité, les prédicateurs protestants condamnaient ardemment les phénomènes de mode et interdisaient la pratique de la danse, usée chez les catholiques. Devant l'engouement pour les futilités de la cour des Valois, ils s’employèrent à dénoncer l’attitude efféminée des courtisans, ce qu'ils faisaient avec beaucoup de démesure.
L’image des mignons véhiculée par les protestants est vite reprise par la Ligue catholique qui va mener, à partir de 1585, une vaste campagne de désinformation contre Henri III et sa cour. La propagande ligueuse se poursuit après l'assassinat du roi en 1589 et va lui survivre par une historiographie du XVIIe et XXe siècle.

Parmi les plus célèbres favoris d'Henri III figurent les noms de :
Louis Du Gast, assassiné sur l'ordre de Marguerite de Valois (la fameuse reine Margot) soeur et ennemie d'Henri III
François d'O
Henri de Saint-Sulpice
Jacques de Caylus
Louis de Maugiron
François d'Espinay de Saint-Luc
Ses deux plus proches collaborateurs, les archimignons, étaient :
Anne de Batarnay de Joyeuse, baron d'Arques, fait duc de Joyeuse
Jean Louis de Nogaret de la Valette, surnommé « le demi roi », fait duc d'Épernon
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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 06:52
Arrêtons nous sur ces mignons pratiquant l'escrime ce qui peut apparaître étonnant pour des hommes aussi efféminé.

Mignon est le nom donné au xvie siècle aux favoris des grands seigneurs. Le terme est à cette époque complètement dépourvu de connotation homosexuelle. Il ne prend cette coloration qu'à partir du règne d'Henri III (1551-1589), à l'époque duquel les courtisans adoptent un genre de vie raffiné qui fait la risée du peuple. Aux XIXe et XXe siècle, il désigne plus particulièrement les favoris d'Henri III.

Les mignons de couchette, c’est une expression utilisée par Brantôme pour désigner les mignons du roi Charles VIII. Quand un favori était bien en vue, il avait l’insigne honneur de dormir dans la chambre royale. C’était une façon pour le roi de récompenser ses serviteurs les plus fidèles. À la Renaissance, la chambre royale est considérée comme sacrée et pouvoir y dormir en présence même du roi - considéré comme le lieutenant de Dieu sur terre - était l’ultime consécration d’un courtisan. Henri II fut un grand adepte de cette démonstration de faveur. Il en usait beaucoup avec Anne de Montmorency qui, par de nombreuses fois, eut le suprême privilège de dormir avec lui dans son lit. Ce genre de comportement choquait les ambassadeurs étrangers, mais ceux-ci se faisaient à l’idée car la cour de France était réputée pour sa très grande familiarité.
Sous l’impulsion rigoriste d’Henri II et surtout celle d’Henri III, les mœurs de la cour de France évoluèrent. On n’entrait plus dans la chambre royale comme on avait pu y entrer autrefois. La chambre royale devint encore plus sacrée et les personnes qui pouvaient y entrer faisaient l’objet des plus vives jalousies, d’où le durcissement des quolibets à l’égard de ceux qu’on appelait vulgairement les mignons de couchette à la fin du XVIe siècle.
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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 06:31
Le duel prend une telle importance dans la cour de France, à la fin du XVIe siècle, qu'il devient une véritable norme comportementale. Une sorte d'éthique du sacrifice, du don de soi, pousserait même les mignons de Henri III à lancer cartel sur cartel pour prouver leur amour de la personne du prince, déclenchant de véritables hécatombes. La mode du duel dans l'aristocratie induit en outre des phénomènes d'imitation distinctive du reste de la population, au point que Henry III par l'ordonnance de Blois cherche à interdire les combats privés en les qualifiant de crime lèse-majesté.

Son analyse ne manque d'ailleurs pas de justesse puisque comme l'a démontré François Billacois, le duel suppose un contrat entre deux individus qui prétendent ignorer la justice commune, celle du roi.
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