A l'étage quatre chambres à coucher : chacune comprenait deux lits couverts d'étamine jaune, verte ou bleue, des couettes et des couvertures à housse, une table, un banc et un coffre. En sortant
des chambres on accédait à la plus haute tour du château et de là à un galetas aménagé dans le comble à usage de fauconnier.
Profitons pour évoquer l'histoire du lit au XVIIe siècle. Tout placide qu’il soit, le lit de repos est né d’une révolution ; une

révolution de mœurs, s’entend. En
effet vers le milieu du XVII ème siècle, on décida d'interdire désormais de recevoir les « visites » assis dans son lit. Une pudeur subite envahit donc la vie mondaine et posa des problèmes à
beaucoup de belles dames et de beaux messieurs qui depuis tant de décades acceuillaient les amis chez eux élégamment vêtus mais douillètement au chaud, entre les duvets et le traversin. Le lit avec
ses courtines, placé dans l’angle d’un mur, non loin de l’âtre, représentait une sorte d’isoloir, conditionné par la chaleur ambiante. Mais quand on transforma le lit à courtines en lit duchesse ou
en lit d’angle et que l’on réduisit les panneaux de tissus à une expression moins totalitaire, on s’aperçut que cette habitude devenait intolérable et même parfaitement déplacée puisqu’elle
n’était plus justifiée par les mêmes conditionnements. Très vite la cour, la ville et la province jugèrent cette tradition tout à fait inconvenante. On cessa de recevoir au lit, et l’on créa un
siège nouveau : le lit de jour, qui se transforma en lit de repos, puis en chaise longue, restant encore, suivant les époques, le meuble d’écoute de toute galenterie, philosophie, sentiments,
etc.
Au début, ce fut une « couche basse à chevet unique, généralement peu élevée, posée sur huit ou dix pieds reliés par des croisillons » ; certains avaient un dossier mobile. Très vite, ils
furent adoptés ; on compte cinq lits de repos chez Molière ; plus tard on en comptera 48 à Versailles. Ce sont des lits « commodes » sur lesquels on peut faire la cièste, ce qui plaît aux dames.
Ils sont en bois sculptés, dorés ou peints ; les uns simplement garnis en crin et revêtus de tissu, les autres équipés d’un ou deux matelas. Leurs longueurs varient d’environ 1,60 m à 2,10 m et
leurs largeurs de 0,60 m à 0,90 m. A la fin du XVII ème siècle, on les dota de deux dossiers, l’un à la tête, l’autre aux pieds, et ils s’appellent lits en canapés. La forme s’enjolive ainsi d’une
sorte de symétrie qui en fait un meuble plus élaboré.