Hier donc nous avons joué Séraphin a Argenteuil et je tenais à vous faire partager les remerciements que j'ai reçus en fin de spectacle, ou entendus.
Je crois que nous avons emmené dans notre musée de l'escrime qui est plutôt un musée à rêve, les spectateurs pendant une heure. J'aime cette parenthèse, où ils sont tous à l'écoute de la même
histoire, où ils partagent les conflits des robots qui cherchent à trouver la meilleure place, où ils choississent leurs robots préférés, où se mèlent les souvenirs de violence, de tendresse, de
baisers échangés, de robes admirés, de maladresses touchantes bref de petits moments de bonheur.
Le directeur, que l'on cherche, ne réapparait que pour tout remettre dans l'ordre. Séraphin fait àpeur et rassure à la fois. Le gardien, comme nous tous, essaie de se débrouiller sans bien
comprendre ce qui se passe.
J'aime constater qu'à chaque fois le public est différent. Que ses prises de partie sont liés à son histoire. Sans tomber dans la caricature, j'ai senti hier une vrai affection pour ses pauvres
robots, qui ont peu de liberté. Les enfants à la fin m'ont questionné pour savoir si s'étaient des vrais robots et un vrai fantôme, un peu comme si la magie ne devait s'arrêter, comme si la musique
pouvait surgir magiquement.
Et j'aime encore plus la magie qui fait que nous ne sommes plus des individualités pour nos spectacteurs, mais un spectacle. Ils auront vu Séraphin à Argenteuil, et pour certains c'est le seul
spectacle qu'ils verront avant longtemps. Quelle responsabilité nous avons et quel merci je vous dois.
Les détails ont leurs importances (répliques oubliées, entrée que j'inverse), mais je crois que le plus important est là. Je me sens très riche de tous ses enfants qui sont venus continuer à
visiter le monde merveilleux où nous les avions accompagné, un peu comme si le réveil prenait du temps. Partageons ses milliards.
Continuons à rêver à faire rêver tout éveillés, modestement mais sûrement.