"Auparavant, il faut dire que nous avions laissé dans la demi-lune de quoi bien la défendre.
"
Sur la fin
de notre dîner, M d'Artagnan qui avait l'oreille à tout, nous dit : il me semble que voilà un fourneau qui joue à la demi-lune attaquée : il faut la reprendre avant que nos ennemis s'y soient
rétablis. »
« M d’Artagnan dit à Saint Léger qui commandait la compagnie auprès de lui : Qu’on donne à Aligny 30 mousquetaires du Roi et 60 grenadiers tant du régiment du Roi que de celui de la couronne, et
qu’on ne laisse passer qui que ce soit que ce qui est ordonné, et il me dit en partant : Va attaquer la demi-lune par où nous l’avons attaqué la nuit dernière, et tu auras bientôt de mes nouvelles.
»
D’Aligny partit donc avec ses hommes, mais grièvement blessé au cours du combat, il fût emporté à l’hôpital de l’armée sans savoir ce qu’était devenu son capitaine. C’est là qu’il
apprendra sa mort, ainsi que celle de presque tous ses camarades.
« Si on mourrait de chagrin, en vérité je serais mort » dit-il. « Ce brave M d’Artagnan, ayant bien jugé que je trouverais à qui parler pour ne pas manquer de reprendre cette demi-lune qui décida
de la prise de la place, sortit à couvert pour la prendre par la gorge pendant que je l’attaquais par la pointe, et si l’on n’eût pas travailler cette maudite barrière, il serait encore en vie, car
ce qu’on y avait fait se trouva tout juste contre nous et c’est en la franchissant qu’il reçut le coup qui le tua raide. »
« Peu de gens auraient pris un parti aussi hasardeux que celui qu’il prit, mais en l’état où étaient les choses, malgré ce que les courtisans en disaient que c’est une témérité de jeune homme,
cependant la grande valeur de M d’Artagnan et des braves mousquetaires ont acquis Maastricht au Roi ».