Tenir quelqu'un sur la sellette.
Dans le passé, tenir quelqu'un sur la sellette, c'était le soumettre à un interrogatoire serré, c'était la presser de
questions pour tirer de lui une chose sur laquelle il voulait garder le silence. Aujourd'hui on le dit plutôt d'un candidat à un examen, qui s'est efforcé de ne pas garder le silence mais
n'est pas certain de l'effet de ses paroles sur le jury. De nos jours, être tenu sur la sellette, c'est être jugé et critiqué.
Au
XVIIe et
XVIIIIe siècles, la sellette était un petit siège de bois sur lequel on faisait asseoir un accusé pour un dernier interrogatoire mené par ses juges.
C'était un banc si bas qu'il obligeait à une posture humiliante, même si l'on couvrait la sellette d'un tapis quand l'accusée ou l'accusé était de qualité ou d'un mérite considérable.
Dans des cas exceptionnels, il semble même qu'on ait surélevé la sellette pour ne pas infliger un excès d'humiliation à un accusé très noble. Ainsi en temoigne le récit du procès
de Montmorency, par Pontis, dans ses
Mémoires :
La sellette était placée au milieu du parquet et on l'avait extraordinairement élevé de sorte qu'elle était presque à la hauteur des sièges des juges. Il était sur la sellette,
nu-tête, sans être lié, contre l'usage du parlement de Toulouse, où on ne paraît sur la sellette que les fers au pieds.
L'usage de la sellette a été aboli en 1789. Ce qui
n'empêcha pas Robespierre d'employer encore l'expression au sens propre dans le discours fameux où il demanda la mise en accusation de Louis XVI:
Asseyons sur la sellette, s'écria-t'il,
celui qui se placait sur une trône, et donnons à la royauté l'humiliation d'être accusée dans la personne de Louis.
Excécution du duc de Montmorency en image en 1632.