Continuons à évoquer la bataille de Rocroy qui a marqué le XVIIe siècle à plus d'un titre.
"Les tercios espagnols, gros bataillons serrés" disait Bossuet, "qui étaient semblables à autant de tours, mais à des
tours qui savaient réparer leurs brèches", se défendaient avec un admirable héroïsme. Le Duc d'Enghien comprit que sa victoire ne serait pas complète sans la destruction de cette vielle
infanterie.
Par trois fois ses assauts furent repoussés par les régiments espagnols et wallons, qui semblaient inébranlables. Enfin, le jeune chef français rassembla tous ses effectifs en un quatrième assaut
qui eut raison de ces héroïques bataillons; disloqués, ils succombèrent après une résistance acharnée. Leur chef, un belge, le comte de Fontaine, était mort à leur tête. L'armée espagnole avait
perdu huit mille tués, sept mille prisonniers et deux cents drapeaux. Elle ne devait jamais ce relever de ce terrible coup, qui atteignait pourtant plus son prestige que ses effectifs.
On a avancé avec justesse que la défaite des tercios espagnols étaient due aux prélévements opérés parmi ses éléments d'élite pour servir en Allemagne et en Catalogne. La cavalerie, de son coté,
avait combattu mollement, mécontente du fait d'avoir pour chef un étranger, le comte d'Albuquerque.
Quoi qu'il en soit, le résultat de cette bataille fut le triomphe de l'audace géniale d'un jeune chef à la tête d'une armée mobile et bien disciplinée sur la pesanteur des lourdes masses.
En photo une vue aérienne de la ville de Rocroy en Champagne Ardennes.
Demain
l'architecture militaire du XVIIe siècle.